J’adoooooore Steven Spielberg, Anne Fontaine, Chabrol, Costa Gavras, et Michel Hazan.. Zanavisuis… Hazanvi… Enfin, l’mec qu’a fait l’film pour les sourds.
La lecture des dossiers dans le cadre de concours pour des festivals, mes ateliers, les activités de doctoring est un exercice où, à chaque fois, je continue d’être frappé par les références culturelles :
Mon film contient des références à Scorsese notamment dans l’utilisation de …
Je suis un grand fan de Godard et c’est pourquoi j’ai d’ailleurs écrit ce scénario en imaginant que…
Et je ne compte plus les fois où j’ai pu être déçu par la distorsion entre les références cinématographiques annoncées dans la note d’intention et le scénario que je venais de lire à la suite. Et j’imagine combien de gens ont pu être déçues à leur tour de mes dossiers avant que je n’en prenne vraiment conscience moi-même !
C’est un peu la même chose que lorsque la presse vous sur-vend un film qui sort, vous arrivez en salle chaud-patate pour voir un chef d’oeuvre et vous ressortez un peu désabusé parce que le soufflet s’est dégonflé. Personnellement, je lis de moins en moins la presse ciné sur les sorties et je vais au cinoche sans parfois savoir ce que je vais voir. En plus, ça me laisse faire ma propre critique de façon beaucoup plus objective…
Revenons à nos dossiers : évidemment, quand on prétend être le premier fan de Scorsese ou de trouver des analogies avec tel ou tel cinéaste dans son travail, il faut être en mesure de soutenir la comparaison aussi. C’est là que ça se gâte.
Certaines notes d’intention sont carrément des enfilages de noms tous plus impressionnants les uns que les autres sans pour autant qu’ils nous éclairent sur le rapport avec le projet proposé ou qu’il attestent de la qualité du scénario. Et manque de bol, on ne les retrouve pas dans le script !
Par ailleurs, trop de références tue la référence : on a l’impression que le scénario n’est constitué que d’emprunts, une compilation de meilleurs moments. Voire pire, que c’est un copycat : où se logera donc votre propre créativité ?
On peut être fan d’un film ou d’un artiste sans pour autant vouloir placer son nom dans une note simplement pour le plaisir de l’y faire figurer. On peut écrire sans forcément vouloir épater la galerie sur sa culture cinématographique (ou masquer son absence par des références qui tombent à côté de la plaque.)
D’abord, vous pouvez sans doute compter sur la culture de vos lecteurs pour voir ou non les éventuelles correspondances, références, analogies, voire même emprunts à l’oeuvre d’un grand maître.
Ensuite, parce que dans un dossier, une référence n’a de raison d’être que pour gagner du temps ou produire une image mentale dans la tête du lecteur. S’il est compliqué de faire comprendre l’univers du récit de votre histoire, ou bien l’état d’esprit d’un personnage, alors sortez une référence pertinente, uniquement pour préciser ce seul point.
Mon personnage se comporte alors comme X dans tel film. C’est une sorte de X qui aurait…
Il possède un pouvoir surnaturel comme Y dans tel autre, mais à la différence qu’ici, …
La référence tombe à point nommé pour le lecteur qui n’a alors plus de mal à situer ce que vous mettriez autrement 5 paragraphes ou 5 pages à lui expliquer en détail pour qu’il comprenne.
Pour aller plus loin :