Diagnostiquer le scénario avec une mindmap
Il est possible de détourner l’outil des mindmaps pour diagnostiquer un scénario ou mettre « en équation » son histoire. C’est aussi un moyen de créer un séquencier visuel. Démonstration !
Les cartes « cartes cognitives » connaissent sur le web un regain d’intérêt, d’une part grâce au développement des outils de management et de planification, mais d’autre part, pour leur côté artistique. Ceci, j’en ai parlé déjà parlé dans cet articel : La Mindmap, un outil de création pour les scénaristes aussi !
Détourner l’outil !
Pour commencer, je vous invite à télécharger un logiciel de mindmap. Il existe des tonnes d’applications payantes en ligne ou de logiciels qui vous permettent notamment des ajouts graphiques ou des options propriétaires. Assurez-vous une comptabilité avec les fichiers « .mm » et utilisez de préférence un logiciel open source et gratuit comme Freeplane. Mon choix s’est porté sur ce logiciel parce qu’il est aussi très léger et rapide d’exécution dans son interface, la prise de note s’en trouve facilité.
L’objectif d’une mindmap, c’est avant tout de produire une structure « en étoile » autour de bulles (les « nœuds ») correspondant à chaque idée, reliée à d’autres qui découlent de ce premier point et ainsi de suite.
C’est donc une structure « logique » qui correspond aux étapes de réflexion et de création sur l’histoire, un brainstorming sur un thème, l’histoire en général ou les personnages. Mais pour ce qui est d’une histoire elle-même, de la dramatique et du continuum du récit, il faut adopter une autre forme, une version linéaire sur ce principe :
On le voit sur cet exemple mono-trame simplifié, il est nécessaire de ne travailler qu’avec des noeuds « enfants » afin de matérialiser les bifurcations du récit et le principe de causalité qui prévaut dans les histoires occidentales.
A partir du moment où l’on détaille séquence après séquence l’action pour le ou les personnages, on va rendre visible aussi les incohérences possibles de son récit. Pour cela, il faudra vraiment faire un effort de détail et de logique en matérialisant à chaque fois tous les choix qui s’offrent au héros. Et pour chacun des « portes de sortie » possible, s’assurer que l’on a bien une raison qui va invalider la possibilité de poursuivre avec ce choix.
Voici un exemple avec le film « Retour vers le Futur » :
Vous retrouverez la carte plus complète ici :
Dans cette mise en équation, nous avons conservé un principe linéaire même si le « retour dans le temps » serait propice à jouer avec les emplacements des trames.
Il est d’ailleurs amusant de noter que la trilogie comporte quelques paradoxes temporels qui font l’objet de nombreux articles sur le sujet comme celui-ci. Serait-il possible de diagnostiquer ces erreurs avec une mind-map ?
Oui, à condition de matérialiser les superpositions de chaque continuum spatio-temporel en jouant sur les versions temporelles des personnages (Doc Brown « 1 » de 1985 « trame initiale » et Doc Brown « 2 » de 1985 « modifié »…) comme le montre le schéma ci-contre. Un travail certainement fastidieux mais qui pourrait s’avérer payant…
De façon beaucoup plus simple, mettre « en équation » le continuum du récit permet aussi d’avoir une lecture graphique simple des préparations et paiements au moyen de liens graphiques. Avec des codes couleurs, des icônes, il est facile de s’y retrouver.
On peut ainsi aboutir à un séquencier « vivant » de l’histoire, où il est toujours possible d’insérer ou de couper des séquences en mesurant mieux les implications pour le reste de l’histoire.
Comme dans le monde du logiciel, le développement d’une mindmap est toujours en mouvement. On commence par une structure « simple », une version bêta, et à force d’y revenir, on développe chaque segment pour obtenir un récit complet.
Liens vers :
- La mindmap l’outil de création pour les scénaristes.
- La fiche de personnage (à venir)
Ailleurs :









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