Tu ne te plaindras pas de ton sort (keep cool)
Un coup de mou ? Pas de problème, je suis là pour vous botter le cul. Quelqu’un pourrait me faire de même ? (Relax : on a tous connu ça !)
Il vous a volé votre idée, il n’a pas payé, le producteur est un enfoiré.
Il a fait n’importe quoi de votre scénario, il ne comprend pas votre vision des choses, le réalisateur est un enfoiré.
Vous êtes un génie incompris, vos histoires ne trouvent pas preneur, le monde entier est un enfoiré.
Vous mangez des pâtes depuis des mois, vous avez une mesure d’expulsion sur le dos, votre ange-gardien est un enfoiré…
Bref, on dirait que vous êtes de mauvais poil, non ?
Vous pouvez aussi faire autre chose de votre vie, prendre un job alimentaire (mon cher Watson), fuir ou vous jeter d’un pont…
Ou vous dire que vous jouissez d’une activité passionnante, celle de créer de toute pièce à partir de votre matière grise. Pas de stock. Pas de facture fournisseur. Pas de bail 3/6/9. Vous ne faites pas les trois huit les mains dans la gadoue en hiver. Ca ne coûte que de la sueur. Celle de votre cerveau.
Vous faites un métier pour lequel aller au cinéma, au théâtre, lire, regarder des séries, mater des pornos sortir, rencontrer des gens, fait partie du job. Vous n’avez pas à culpabiliser : cela participe à votre culture professionnelle.
Observez le regard d’un ami lorsque vous lui dites :
— J’ai bossé comme un dingue cette semaine… J’ai maté l’intégral des saisons de Six Feet Under et d’Engrenages !
Bien que vous restiez souvent dans l’ombre, vous avez la fierté de dire parfois « c’est moi qui l’ai fait » quand votre nom est attaché à un succès. Ça n’a pas de prix, surtout pour ce que vous lisez dans le regard de votre maman ou de vos proches, n’est-ce pas ?
Tous les scénaristes connaissent le doute. Parfois le renoncement. Le point de rupture. Voire la panne sèche, les blocages d’écriture, la peur, et la meilleure amie pour s’en sortir : la procrastination.
Beaucoup connaissent les difficultés à jongler entre le temps nécessaire à écrire et celui consacré à votre « vrai travail » (surtout au démarrage, à moins d’avoir un mécène ou un papa très très riche)…
Parfois il est encore plus compliqué de jouer avec les deadlines pour rendre ses travaux à temps, au mépris du conjoint qui tire la gueule pour le week-end qui passe à la trappe ou encore de la petite qui fait ses dents au meilleur moment.
Et puis finalement, si vous avez ça dans le sang, malgré toutes les difficultés vous y retournez.
Ce n’est pas du masochisme, c’est de l’opiniâtreté.
Et c’est justement à cela qu’on voit que vous êtes un vrai scénariste.
Allez, hop, assez passé de temps sur ce blog : au boulot !